Entraîneur en vedette: Il n’y a pas une plus grande satisfaction pour Sadej que d’entraîner en parajudo

Andrezj Sadej vient de revenir après avoir vécu son plus grand moment comme entraîneur de judo

 

OTTAWA – Dans une longue et impressionnante carrière qui a inclus guider le premier athlète canadien pour monter sur le podium olympique, Andrezj Sadej vient de revenir après avoir vécu son plus grand moment comme entraîneur de judo.

Quelques semaines plus tard, Sadej est toujours émerveillée par la médaille de bronze de la Canadienne Priscilla Gagné aux 52 kilos aux championnats du monde de parajudo du mois dernier au Portugal. 

Comme il l'explique, l'expérience Gagné aux championnats du monde était plus qu’une médaille. C’était une question de surmonter les obstacles qui l’ont conduite à son plus grand succès international.

« Il n’y a pas eu de plus grande satisfaction pour moi que de voir Priscilla sur le podium aux championnats du monde », a dit Sadej, un entraîneur professionnel agréé inscrit auprès de l'Association canadienne des entraîneurs 

« Je suis avec Priscilla depuis le tout début dans sa carrière en judo. Parce que j’ai été témoin et que j’ai dirigé ses incroyables progrès et vu la phénoménale croissance de cette personne profonde et spéciale, c’est très gratifiant pour moi. »

Sadej

Il faut aussi souligner que Gagné a été la seule médaillée dans toutes les divisions féminines qui était totalement aveugle (catégorie B1 class) à monter sur le podium. Dans sa catégorie de poids, il y avait quatre nouvelles participantes qui avaient toutes de l’expérience internationale sans handicap et elle a aussi battu une Russe qui n’était pas aux Jeux de Rio 2016 à cause de l’expulsion.

« J’ai toujours su qu’elle fait face à une lutte difficile, mais j’ai toujours cru qu’elle en était capable. Elle a pratiquement réussi l’impossible et c’est pourquoi cela est si émouvant pour moi. »

En tant que concurrent de judo, Sadej a remporté lui-même quelques médailles, dont sept dans sa Pologne natale, cinq aux championnats européens et quatre aux championnats du monde universitaires.

Dans ses presque 25 ans comme entraîneur et administrateur avec Judo Canada, il a aidé son pays d’adoption à devenir un joueur majeur, d’abord au niveau sans handicap, puis au niveau para. Il a aidé à entraîner Nicolas

Gill vers la toute première médaille olympique du Canada en 1992.

Sadej a été impliqué dans l’administration du programme para pendant 15 ans et comme entraîneur pendant quatre ans. Après les championnats du monde de 2014, Judo Canada a décidé de s’occuper sérieusement du parajudo. 

Avec Gagné et Tony Walby, un autre parajudoka canadien qui vivait à Ottawa à ce moment-là, Sadej est devenu le choix évident pour entraîner le programme para. 

« J’avais toujours mon poste de directeur des sports, donc j’ai réfléchi soigneusement au rôle d’entraîneur de parajudo puisque ce serait un autre travail permanent », a dit Sadej. « Mais une fois que j’ai appris à connaître les athlètes au niveau personnel, j’ai compris que c’était un privilège de travailler avec des para-athlètes. Ils sont dédiés sur et hors du tapis. Ils apprécient ce qu’ils ont et partagent leur gratitude avec ceux qui les aident.

« Cela a été une expérience régénératrice et ranimé mon amour pour le judo. 

Sadej dit que la meilleure manière de développer les para-athlètes, qu’ils soient de déficience visuelle ou en fauteuil roulant, n’est pas en les plaçant sur le côté de la salle ou dans une autre installation.

« Le meilleur environnement pour nos parajudokas est un environnement entièrement intégré », dit-il. « C’est ainsi qu’ils se développent le plus vite.

« Le plus gros défi au début était d’obtenir de l’aide de nos athlètes sans handicap. C’était difficile au début quand nous sommes arrivés à notre centre d’entraînement à Montréal, mais cela a changé. Nos athlètes ont montré de la maturité pour consacrer du temps personnel au parajudo et cela a été une excellente expérience pour ceux impliqués. »

Sadej dit qu’en ce qui concerne entraîner effectivement les para-athlètes, cela n’est pas tellement différent.

« Chacun de ces athlètes est une personne », dit-il. « Du point de vue d’enseigner, j’ai toujours été un partisan de la simplification de notre sport. Nous avons tendance à être trop sophistiqués. 

« La plus grosse différence pour moi a été de voyager avec l’équipe et de comprendre leurs besoins comme donner une démonstration tactile d’une chambre d’hôtel et d’obtenir de la nourriture pour les athlètes. »
La récompense pour Sadej est de voir les para-athlètes profiter de leur expérience sportive. Par exemple, Walby a été récemment nommé président du conseil des athlètes du Comité paralympique canadien.

Sadej a un conseil simple pour les nouveaux entraîneurs en parasport.

« Soyez patients », dit-il. « Apprenez autant des athlètes que ce qu’ils peuvent apprendre de vous. Ouvrez votre coeur. Si vous y êtes pour les athlètes, alors ils comprennent rapidement et vous rendent la pareille. »

Un entraîneur de qualité est une partie intégrale du sport et de bâtir des performances sur le podium. Chaque mois, nous mettrons en évidence les meilleurs entraîneurs du Canada qui ont eu un impact dans le sport paralympique.